Impudeur


Poèmes / vendredi, septembre 28th, 2018

Permet que je te dévêtisse
Offre moi ce doux privilège
De faire durer ce pur délice
Que pour rien au monde je n’abrège

Sentir sous le tissu tendu
Le désir qui prend de l’ampleur
Mais avant que de te voir nu
Deviner toute ta saveur

Laisser ma paume nonchalamment
Caresser l’intime indécence
Te sentir devenir gourmand
Que j’admire toute sa prestance

Tu n’aspires plus à autre chose
que de me livrer à l’air libre
Sa superbe impudeur éclose
Pour que j’en apprécie la fibre

Je ne me ferai pas prier
Pour l’envelopper de ma main
Et si tu vois mes yeux briller
Occupe toi de mes deux seins

Il te suffit de me frôler
Pour que je palpite corps et âme
D’espièglement me taquiner
Pour que sous tes lèvres je me pâme

Mise à nue voici que frémit
La généreuse jaillissante
A sa vue tout mon corps gémit
D’envies coquines et frétillantes

Lâchant le frein de mes ardeurs
Tandis que mes sens tu affoles
Je passe la vitesse supérieure
De mon désir qui caracole

Je lisse ce grand bois chéri
De haut en bas de bas en haut
Lustré choyé et tout ravi
Qu’on prenne soin de le faire beau

Le coquin se fait audacieux
Et s’aventure entre mes lèvres
Je sens son élan impérieux
M’envahir d’une douce fièvre

Ma langue autour de lui s’enroule
Alors qu’il sonde mes profondeurs
Et que la tiédeur de deux boules
La pulpe de ma peau effleure

Puis subtilement tu t’introduis
Dans un incandescent fourreau
Je ne peux retenir un cri
Sous la fougue de tes assauts

Je me cambre gémis supplie
Sous tes ravageuses poussées
Différant cet instant béni
Qui aux cieux va me transporter

Soudain tout geste tu suspends
Lové au plus profond de moi
Sans pudeur j’explose et je fend
Le silence de tous mes émois

Jouissant de me voir succomber
Tu reprends ta danse sauvage
Puis tour à tour plus raffinée
C’est comme un enivrant voyage

Propulsée aux plus hauts sommets
Par de prodigieux coups de maître
Je te chevauche usant du fouet
Des mots brûlants que je te prête

Je sens ma monture s’emballer
Et un désir presque furieux
D’encore plus profond m’empaler
Sur ce somptueux totem en feu

J’égare les rennes je perd le nord
Et toute notion de mesure
Voici que bat tempête à bord
Mais le mas garde fière allure

Je sens jaillir l’apothéose
Mettant à vif l’indomptable
Qui soudain à l’air libre explose
D’un sublime bouquet final

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